Introduction: Le devenir des banlieues est au cœur des réflexions contemporaines sur la ville. Le projet propose une stratégie pour la restructuration et la requalification des grands ensembles édifiés après-guerre. Ces grands ensembles, constitutifs de ce que l’on nomme maintenant banlieue, sont en effet le lieu où se cristallisent les problèmes urbains et sociaux actuels. Il est nécessaire de réfléchir à l’avenir de ces zones, tant au niveau de leur composition interne qu’à celui, plus vaste, de l’aménagement du territoire. (Phénomènes de l’expansion des villes et de la désertification des campagnes...). Il apparaît important de développer ces quartiers en les complétant, les densifiant, les complexifiant, en un mot en leur apportant une strate historique supplémentaire pour les rendre mieux habitables, plutôt que de continuer à laisser les villes s’étendre continuellement, au mépris de l’équilibre écologique. De plus, pendant une période de récession économique, où une quantité non négligeable de la population connaît des problèmes d’insertion et de logement, il est illusoire, voire indécent de penser résoudre les problèmes de façon spectaculaire et foudroyante, en dynamitant les grands ensembles. Cette solution de facilité ne ferait que reproduire à quarante années d’intervalle la situation de tabula rasa (table rase) prônée par les théoriciens de l’époque. Avant d’exposer les enjeux du projet et la stratégie qu’il propose pour l’évolution des grands ensembles, nous allons examiner quelle était la situation du parc de logements au sortir de la guerre, de façon à mieux comprendre les enjeux de la Reconstruction (dont la reconstruction de logements n’est qu’une facette) et étudier le rôle de l’Etat qui, par l’intermédiaire du ministère de la reconstruction et de l’urbanisme est le principal maître d’ouvrage promoteur des idées progressistes liées à l’industrialisation du bâtiment. Nous verrons quelles ont été les conséquences de cette implication de l’Etat à tous les niveaux de décision sur la production architecturale française de la période, qualifiée de hard french par Bruno Vayssière.